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IGORRR – Savage Sinusoid

Publié le par Crapulax

Comme s’exclamait le regretté Coluche dans son célèbre sketch sur l’auto-stoppeur : « Ils le vendent, ça ? ».

Fruit du cerveau agité de son concepteur Gautier Serre, IGORRR se comparerait à un logiciel de musique qui aurait comme seule programmation d’assembler des samples au hasard parmi tous les genres existants sur terre (et probablement dans la quatrième dimension aussi…).

Ainsi, on se retrouve plongé au milieu d’une techno party la tête dans les amplis avec du SKRILLEX plein les oreilles pour se téléporter la seconde suivante dans le métro à faire la manche à côté d’un manouche qui joue de l’accordéon ! Une autre fois, on assiste fardé d’une perruque au Prélude Baroque en Ut Mineur pour clavecin en compagnie de Louis XIV et de sa cour (« ieuD ») pour finir sans prévenir en sueur dans la fosse du concert de death metal de THE BERZERKER.

Avouons-le : c’est assez… spécial, non ? Une montagne russe musicale, en somme.

IGORRR se complaît donc à imiter les DJ de renom comme APHEX TWIN en y incorporant des éléments d’opéra baroque et de folklore roumain. Il y a quelques rajouts comme un riff hindou (« Opus Brain ») et un emprunt au jeu vidéo Galaga (la fin de « Houmous »), de la flûte scolaire, de la guitare classique et du saxo fou, mais cela reste anecdotique. A ne pas mettre entre toutes les mains, « Savage Sinusoid » (cinquième album tout de même !) doit être considéré avant tout comme un vaste délire artistique, une musique personnelle qui s’est affranchie de toutes les barrières stylistiques et de règles de composition. Même les titres sont décalés : « Spaghetti Forever », « Viande » ou « Va Te Foutre »… Il y a même un « Robert », sans doute celui du Jeu de la Vie de Chevallier et Laspalès! Quant au dernier titre, il s’appelle « Au Revoir »… Ouille. Fallait oser.

Alors : gros délire ou mauvais goût ? Comme tout ce qui est d’avant-garde, ceux qui comprennent absolument rien crieront au génie, seule une minorité sera capable de suivre les circonvolutions erratiques de l’artiste et d’y adhérer pleinement quant au reste, il rejettera en bloc et considérera « Savage Sinusoid » comme une escroquerie… pour rester poli.

Mais ça, « c’est vous qui voyez ! »

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