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BLOODCLOT – Up In Arms

Publié le par Crapulax

On pourrait voir figurer un jour dans le jeu des 7 familles celle du New York hardcore. On y trouverait les pervers pépères (BLACK FLAG, MINOR THREAT), le papa alcoolique et violent (AGNOSTIC FRONT), la maman droguée jusqu’aux oreilles (Euh… au hasard MADBALL on va dire), les enfants difformes et mal élevés (SICK OF IT ALL, BIOHAZARD) et les rednecks de cousins éloignés (SHEER TERROR, 25 TA LIFE…).

Fruit de ces générations successives BLOODCLOT est une sorte de pièce rapportée, un « all-star gang » si on peut s’exprimer ainsi formé du vocaliste John Joseph (CRO-MAGS, BAD BRAINS), de l’excellent guitariste Todd Youth (MURPHY’S LAW) et de deux QUEEN OF THE STONE AGE : le bassiste Nick Oliveri et le batteur Joey Castillo qui avaient visiblement très envie de se dégourdir les doigts sur un NYHC toujours aussi « straight in your face ».

Direct dans les paroles comme dans la musique, sans concession, « Up In Arms » ne déroge évidemment pas à la règle en donnant dès les premières notes saturées une irrésistible envie de se jeter dans la fosse pour un bon mosh pit ininterrompu d’une demi-heure (« Kill The Beast »), de sauter sur place comme un ressort (« Fire ») ou de finir la tête dans l’ampli et les oreilles à l’autre bout de la salle (« Soldiers Of The New Babylone »). Ne cherchez pas une quelconque once d’originalité là-dedans : il n’y en a aucune ! L’agressivité a monopolisé toute la place comme toujours dans ce style vacciné contre les ballades mielleuses, les ambiances éthérées ou les digressions progressives interminables. Quelques solos de guitares tout au plus viennent rentrer dans le lard et encore : pas le genre démonstratif pour épater les gogos, le genre « prend ça dans les gencives » qui fait bobo (« Siva / Rudra » et son refrain hindou). Avec des mecs aussi expérimentés, pas étonnant que BLOODCLOT donne l’impression d’être là depuis des lustres, connaissant son taff sur le bout des doigts en délivrant un concentré d’énergie brute (« Slow Kill Genocide ») sans fausse note ni baisse de régime. Toutes les subtilités (enfin j’me comprends… ndr) du hardcore depuis l’origine du genre sont concentrées ici dans un déferlement de furies qu’on avait pas vu depuis l’ouverture des soldes des Galeries Lafayette en 1978 !

Vous pouvez y aller les yeux fermés, « Up In Arms » vous fera l’effet d’un grand défouloir, un véritable passage à tabac dont vous ressortirez épuisé, édenté, couvert de bleus, mais indiscutablement heureux.

« Hé ouais, il est fuper, fe groupe ! »

 

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