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GOD DETHRONED – The World Ablaze

Publié le par Crapulax

Évoquer la Guerre 1914-1918 dans une version death metal en 2017 ? Il y en a bien qui évoquent l’égypte ancienne (NILE), les mythes scandinaves (AMON AMARTH) voire les jeux vidéos (SHADOW OF INTENT) ! On en trouve même qui donnent carrément des cours de cuisine (la petite YouTubeuse Linzey Rae), alors… Pourquoi pas ?

Formé par Henri Sattler (guitare/chant), GOD DETHRONED signe en 1992 un premier album de brutal death, « The Christhunt », sur un petit label allemand avant de disparaître des radars une première fois, miné par des problèmes internes. Pas démotivé le moins du monde par ce coup du sort, Sattler s’investit dès lors sur un autre projet plus thrashy du nom de MINISTRY OF TERROR (un seul album au compteur, « Fall Of Life ») puis relance la machine GOD DETHRONED en 1994 avec un nouveau line-up et de nouvelles idées.

S’ensuit « The Grand Grimoire » en 1997, une tournée en Europe et au Japon puis « Bloody Blasphemy » deux ans plus tard : des albums majeurs marqués au fer rouge du black metal, notamment au niveau du chant et des textes. Sur « Ravenous » (2001), GOD DETHRONED s’adjoint les services du futur batteur de NILE Tony Laureano et amorce cette fois un virage plus death mélodique que ses sombres prédécesseurs. Puis c’est au tour de Ariën van Weesenbeek (futur batteur d’EPICA) de rejoindre la formation sur « Into The Lungs Of Hell » et surtout l’excellent « The Lair Of The White Worm » en 2005 dont le titre est tiré d’une nouvelle de Bram Stoker (le créateur de Dracula). L’année suivante marque à la fois un énième changement de line-up et de style pour les hollandais : « The Toxic Touch » lorgne cette fois vers le death metal suédois guère au goût des fans de la première heure.

Ainsi, lorsque le groupe démarre son triptyque consacré à la Première Guerre Mondiale avec « Passiondale » en 2009 (tiré de la seconde bataille des Flandres), GOD DETHRONED ressort la grosse machine à baffes, celle de « The Lair Of The White Worm » : blasts destructeurs, rythmiques déchaînées, vocaux ultra agressifs… C’est la déferlante de décibels ! L’album remporte un succès amplement mérité. Malheureusement « Under The Sign Of The Iron Cross », le second volet sorti dès l’année suivante, passe relativement inaperçu. La faute à de trop rares obus prompts à pilonner massivement les lignes ennemies à l’image d’un violent « Storm Of Steel » bien esseulé. La faute à une production faiblarde, à des titres linéaires sans réelle saveur malgré des efforts louables dans les excellentes parties solo. Sattler annonce en 2012 la dissolution du groupe.

Pas pour longtemps puisque deux ans plus tard, les bataves font leur come-back sur scène au 70,000 Tons of Metal et clôturent enfin cette année leur trilogie consacrée à la « Der des Ders » avec ce nouvel album : « The World Ablaze ».

Les musiciens ont beau se succéder au front depuis les débuts, GOD DETHRONED conserve invariablement sa base de death metal bourrin teinté de passages mélodiques (le solo final de « The 11th Hour ») et sa capacité à dégainer des titres surpuissants pour dévaster les scènes du monde entier (« On The Wrong Side Of The Wire » ou « Annihilation Crusade » et son intro à la BOLT THROWER). Chaque album ayant porté son lot de surprises, « The World Ablaze » n’échappe pas à la règle avec des compositions ralenties plus lourdes (« Messina Ridge ») et une recherche mélodique accrue sur certaines parties de guitare. Cela confère à l’album une saveur particulière comme à chaque fois, fruit de la capacité de GOD DETHRONED à constamment se réinventer sans doute liée autant aux nombreux changements de line-up qu’à sa tête pensante indétrônable Henri Sattler.

C’est ce qui le rend unique et imprévisible.

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